Voyages de JD

2000 Voyage de JD

Notes de notre passage en Louisiane en août 2000

Jacques Durand

Ces notes portent sur une petite partie d’un voyage que nous avons effectué avec mon épouse Florence et notre fils Clovis en août 2000 entre la Louisanne et New York.

A cette époque nous étions résidents des Etats Unis, et étions domiciliés dans la petite ville de Hornell dans l’Etat de New York, située grosso-modo à 1 heure de route au sud de Rochester, la célèbre citée de Kodak.

La première semaine de ce mois d’août 2000 fut pour moi professionnelle. Je participais à un congrès d'ingéneurs à New Orleans. Ce congrès avait lieu à l'hôtel Sheraton sur la Canal Street. Nous avions fait le déplacement par avion et avions retenu une voiture pour remonter de New Orleans jusqu’à Hornell. Ce fut un superbe voyage retour qui nous prit plus d'une semaine par Natchez sur le Mississipi, Memphis et Nashville au Tennessee, le sommet des Appalaches, et la Pennsylvanie.

Pendant le congrès, mon épouse et mon fils profitèrent de leur présence à New Orléans pour visiter la ville mythique. Le quartier français, le "French Quarter", fut plusieurs fois visité et nous eûmes l’occasion d’y dîner ensemble et de nous "heurter" au goût de ses huîtres.

Dès que le congrès fut achevé, le voyage retour commença.

Le Mississipi

Tout d’abord les plages du Mississipi. Comprenez les plages de l’Etat du Mississipi à l’est de New Orleans. Ces plages magnifiques ne sont pas éloignées de New Orleans, on y accède par le lac Pontchartrain, sorte d’immense baie quasi fermée dans laquelle se jettent un grand nombre de bayous, et que l’on traverse par un pont-route (le "Causeway") dominant le lac de quatre à cinq mètres et de 38 km de long.

Ce qui peut surprendre sur ces plages de la région de Gulfport et de Biloxi, c’est la température de l’eau et la très faible profondeur de la mer. On peut en effet marcher et y garder pieds plus de deux cent mètres vers le large sans problème.

Nous retiendrons que l’ouragan Katrina dévasta considérablement cette région et que le pont sur le lac Pontchartrain fut endommagé.

Florence Durand et son fils Clovis sur une plage du Mississippi.

Ce qu’il ne faut pas manquer à New Orleans, ce sont les berges du Mississipi où de pauvres musiciens aux allures de vagabonds jouent du blues comme personne, et la virée sur un bateau à roue qui remonte le port sur plusieurs kilomètres.

Les plantations

Les dépliants proposés par le concierge de l’hôtel suggéraient des visites par autocar des plusieurs plantations : San Francisco, Laura, Oak Alley, Destrehan Manor étaient sur ces listes. Celle de Oak Alley à Vacherie fut retenue un peu aléatoirement. Nous n’avions d’ailleurs pas fait le lien entre cette plantation et le décor que nous connaissions pourtant du Casino des Sports.

Oak Alley est incontournable. Son allée de chênes centenaires est impressionnante, on ne voit pas quel ouragan pourrait détruire de tels arbres. Il y a de tels chênes tout autour du bâtiment principal et dans la propriété.

Parmi les choses à retenir, les commentaires du guide sur la présence et l’influence française, le mobilier intérieur avec ces éventails géants pendus au plafond au centre des pièces de vie que les esclaves faisaient se balancer pour rafraîchir l’air, le balcon d’où la plupart des photos touristiques sont prises, et les colonnades.

Nous remarquons aussi de beaucoup de bâtiments de la région, y compris ceux de ces merveilleuses plantations, sont conçus en surélévation par rapport au sol sans doute pour se prémunir contre des inondations importantes comme la région en connaît dues aux crues du grand fleuve ou les ouragans périodiques.

 

 

 

 

 

La célèbre allée de chênes de Oak Alley Le bâtiment principal de Oak Alley et le parc

 

 

 

 

Florence et Clovis, Oak Alley Des chênes de la plantation

 

Natchez

Nous voilà partis vers le Nord.

Première nuit à proximité de Bâton Rouge dans un motel à piscine à Port Allen sur la rive droite du fleuve le long de la route n°1 (en août, nous recommandons de faire ce choix en raison de la chaleur et de l’humidité accablante).

Le lendemain, notre route n°190 nous emmène à New Roads pour franchir le Mississippi par le ferry vers St Francisville. La surprise fut cet ancien bras du fleuve devenu lac en forme de croissant entre Lakeland et New Roads, dans la paroisse de Ouachita, et dénommé "False River".

Le ferry de New Roads vers St Francisville.

La False River de Ouachita

St Francisville se trouve en West Feliciana, sur la rive gauche du Mississippi que nous ne traverserons plus lors de notre voyage.

St Francisville regroupe beaucoup de plantations intéressantes : Hemingbough, Myrtles, Rosedown, souvent entourées d’un magnifique parc. Nous y déjeunerons avant de visiter la plantation de Myrtles. Faute de nous être informés, nous raterons donc la plantation de Oakley, un peu à l’Est, où séjourna Audubon en 1821.

 

Photo de la plantation de Oakley

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plantation de Myrtles que nous avons pu visiter

La plantation de Rosedown

 

 

 

 

La route n°61 nous conduit à Natchez. Là encore, recherche du bon motel à piscine. Nous choisissons le Days Inn, un motel à l’entrée de Natchez. J’ai découvert dernièrement qu’il se trouvait à quelques mètres d’une demeure où John-James Audubon, omniprésent dans la région, avait séjourné.

 

 

 

 

Florence et Clovis au bord du Mississippi à Natchez. Une plantation à Natchez

 

 

Après deux nuits passées à se promener à Natchez, nous nous sommes ensuite dirigés vers Memphis. C’est là

la fin de ce récit.

 

2009 Voyage de JD

 

Notes de mon passage en Louisiane mi-octobre 2009

Jacques Durand

Tant que mon job et ma société me le permettront, je n’hésiterai pas à faire un détour vers la Louisiane francophone. Cette année comme l’année dernière j’ai pu profiter d’un déplacement en Californie pour revenir par la Nouvelle Orléans et les bayous.

Le paysage autour de Houma, que je découvre au coucher du soleil, est de loin bien moins perturbé que l’an passé. Rappelez-vous que l’an passé j’avais découvert la ville de Houma juste 6 semaines après l’ouragan Gustav. Les toits étaient alors partiellement recouvert de bâches bleues, et de nombreux arbres étaient soit couchés sur le bord des routes soit déjà débités en rondins.

Leland et Sally Crochet vous saluent toutes et tous, et vous remercient de prendre tant de peine à animer les relations avec leur pays. Sally ne sera pas très loquace, bloquée dans son lit suite à une opération du genou.

Arrivé en soirée de ce vendredi 23 octobre, je file au Jolly Inn pour y écouter de la musique Zydeco, et y manger des filets grillés de poulet avec une sauce cajun.

Le samedi 24 octobre, la route 90 me semble familière. La ligne de chemin de fer de marchandise qui la longe est active alors que l’an passé le trafic y était totalement interrompu.

Toujours autant de canne à sucre et la récolte bat son plein.  Certains champs sont en brulots pour éliminer les restes et sucrer la terre. St Martinville est très calme en ce samedi. Il n’y a personne sous le chêne d’Evangéline.

Le chêne d’Evangéline à St-Martinville, au second plan, le bayou Teche.

Champ de canne à sucre entre Catahoula et St Martinville

Je décide de ne pas m’y attarder et de filer vers Breaux Bridge. Je reviendrai par là sur le chemin de mon retour.

Breaux Bridge fête ses 150 ans. L’histoire de la famille Breaux est liée de manière très intéressante à cette ville.

En 1799 Firmin Breaux construisit une passerelle au dessus du magnifique Bayou Teche. Cette passerelle était du type à suspension, faite de cordes et de planches. En 1818 Agricole Breaux, le fils de Firmin, remplaça la passerelle par un pont permettant le passage des bestiaux et des charrettes afin de faciliter le commerce qui se développait alors dans le village. Breaux Bridge fut officiellement reconnu comme commune lorsque Picou Breaux, la veuve d’origine acadienne de Agricole Breaux, dressa les plans de la ville et lança le développement immobilier en vendant des parcelles à d’autres acadiens.

La rue principale de Breaux Bridge...

..et le restaurant de Jacqueline

 

 

 

 

 


Les boutiques de la Rue du Pont à Breaux Bridge.

Le pont métallique de Breaux Bridge sur le bayou Teche. C’est le Landmark de la ville

 

 

 

 

 

 

Rue du pont se trouvent plusieurs bars restaurants, tous à noms français ou à consonance française. Tous ont un musicien live. Beaucoup de boutiques de brocante.

Un verre de Coca chez Jacqueline dont les murs de son café-restaurant sont décorés, ou plutôt garnis à l’excès, de tableaux représentant la France. Plusieurs tables sont occupées. Les mets sont soit de recette cajun soit de recette française. Beaucoup de photos ou de gravures sur Paris garnissent les murs. Un certain désordre règne au fond du restaurant. Parmi les photos, une photo de sablaise en coiffe me rappelle le passage de notre présidente Isabelle à Breaux Bridge. Elle nous avait parlé de cette photo.

Je discute avec Jacqueline mais aussi avec sa fille qui est née, oh surprise, à La Rochelle et qui est venue avec ses parents en Louisiane à l’âge de sept ans.

Retour par la cité de Henderson et la route qui longe le bayou Mercier, le bayou Benoit et les hautes digues qui protègent la paroisse des eaux du grand bassin de Atchafalaya. C’est le plus grand marécage de la Louisiane. Il s’étend entre Baton Rouge et Lafayette. Les levées sont impressionnantes par leur hauteur. Je me souviens avoir lu que des inondations terribles avaient eu lieu à Breaux Bridge en 1927. Ces digues auraient-elles été consolidées à cette époque ? En s’écartant de la route et en prenant l’un des chemins d’accès au sommet de la digue, on peut se faire une idée de l’étendue du bassin de Achafalaya, on découvre des bars-embarcadères où des bateaux à hélice proposent aux visiteurs une sortie vers les marais, ou "swamp", et découvrir peut-être des aligators.

Les marais du bassin de Atchafalaya

Vue du haut de la digue qui protège la plaine des crues, et qui longe le Bayou Benoit et la route 352

Retour à St-Martinville.

Au mémorial des acadiens je bavarde moitié en français moitié en anglais avec la dame qui garde le musée. Elle m’oriente alors vers une exposition faite de quatorze panneaux sur le commerce triangulaire et l’histoire de l’esclavage. C’est l’association "Les Anneaux de la Mémoire" de Nantes qui a obtenu cette exposition et fourni les panneaux

Elle me donne ensuite un papier sur un certain Charles Durand qui fut propriétaire de la plantation Oak and Pine Alley. Très riche, il était beaucoup trop excessif et original de l’avis de certains. Il fut l’un des plus riches propriétaires de Breaux Bridge. Il y menait grande vie.. La brochure en très mauvais français raconte le mariage extraordinaire des filles de ce Charles Durand  J’ai repris et corrigé à votre intention cette brochure.

Les tombes de St Martinville pourraient bien être de sa famille.

Dimanche 25 octobre. Il me faut regagner l’aéroport Louis Amstrong. Mais une dernière virée est possible en ce matin ensoleillé.

De Thibaudaux à Vacherie et retour sur Napoléonville, le paysage garni de champs de canne change de nature. Le route suit une sorte de vallon boisé. Les villas qui s’échelonnent sans discontinuer ont de long drive-ways perpendiculaires à la route 24. Fleuries et décorées pour la fête approchante d’Halloween, elles ont leur boite-aux lettres à l’entrée de leur drive-way. Les noms d’origine française sont la majorité. J’aperçois des Broussard, des Thibaudeaux, et d’autres…

Vacherie où je passe à proximité de la plantation Oak Alley, si chère à Isabelle. Je ne m’y attarde pas.

Une rue au nom original près de Vacherie

 

 

"Napoléonville"

J’y passe pour faire un clin d’œil à Napoléon Vendée, ma ville natale.

A Thibaudaux (toujours sans e), je repars par la route LA-1 et découvre l’université de Nicholls State le long du bayou et croise l’avenue Audubon qui fait l’angle avec la LA-1 devant l’université. En face, le bayou est traversé par le Audubon Bridge.

Audubon Street Bridge devant l’université de Nicholls à Thibaudaux

 

 

La route LA-1 est magnifique. Le long de bayou à gauche de la route, de larges villas relativement neuves et bien entretenues donnent sur une pelouse américaine et un petit ponton. Plusieurs bars à crevettes ont leur embarcadère sur le Bayou. La route parait longue jusqu’à Raceland, mais la 90 est là juste après et permet le retour vers NO et l’aéroport.

En chemin on passe au dessus du bayou --- qui présente un large port et de nombreux bateaux.

Note sur les cimetières : J’ai relevé les noms suivants : Champagne, Tauzin, Thierot, Broussard, des Durand à StMartinville, Breaux, Boudreau, Pellerin, quelques Gaudin et quelques Thibaudeaux

 

[1] : Les inondations commencèrent par de très lourdes pluies tombées sur le basin du Mississipi Durant l’été 1926. Avant septembre, les réserves indiennes du Kansas et de l’Iowa étaient réduites à néant. Le jour de l’an de 1927, la rivière Cumberland déborda de ses digues à Nashville. On y enregistra une hauteur d’eaux de 56, 2 pieds, soit 17 mètres.

Le fleuve Mississipi perça ses levées à 145 endroits différents et inonda 27 000 miles carrés, soit environ 70 000 km2. Des hauteurs d’eau de plus de 30 pieds y étaient enregistrées, ou 10 mètres.. cette inondation causa plus de 400 millions de dollars et fit 246 victimes sur 7 états.

En mai 1927, il a pu être dit que le Mississipi avait une largeur de 60 miles, soit 97 km.

[2] : Histoire et Légende : Les noces Durand à la plantation de Oak & Pine Alley.

Charles Durand était un grand original selon sa petite fille, madame Stella Madère, qui se balançait dans sa chaise à bascule.

Il est venu de France peu avant 1820, déjà riche. A son arrivée ses actes furent remarquables. Il créa l’une des plus grandes plantations de la région et acheta une vingtaine d’esclaves. Il voulait beaucoup d’arbres autour de lui. Il décida d’avoir une longue allée de pins et de chênes de 5 kilomètres de long.

Il avait une famille de douze enfants. Sa femme et lui étaient convaincus que l’on doit tous profiter de ses richesses. Il disait qu’il fallait prendre du plaisir avec sa fortune. Lorsqu’il parlait assis devant son bureau massif, il imaginait toujours de nouveaux moyens de dépenser son argent.

La première femme de Charles mourut. Il était aussi extravagant dans le chagrin que dans toutes ses entreprises. Il était inconsolable et ne pouvait regarder la dépouille de sa femme sans penser à sa perte. Il ne se remarierait jamais. Il en fit le serment bien fort pour que tout le monde l’entende. Il allait tous les jours au cimetière en traversant le Bayou Teche, et s’agenouillait devant la tombe. Il y allait aussi bien par temps de pluie, par temps froid que par beau temps. Afin de perpétuer la mémoire de son chagrin, il passa commande à un artiste d’une statue de lui-même à genoux, mains croisées, en costume de pluie. A sa base on pouvait lire son serment gravé de ne jamais être infidèle à sa femme.

Moins d’une année plus tard, Charles Durand rencontra une jeune fille dont il tomba amoureux et qu’il épousa. Il en fut la risée de toute la ville. Tous les jeunes des environs faisaient ce que leurs aînés n’osaient pas faire. Ils se cachèrent dans le cimetière et jetèrent des pierres vers la statue pour en faire tomber la tête. L’un d’entre eux ajouta à l’inscription : « Ne mentez pas pareillement ».

Charles Durand n’y prêta pas attention. Son second mariage fut aussi calme et heureux que le premier. De nouveau, il naissait un enfant presque chaque année. Il y en eut douze, autant que de son premier mariage. Il disait ne pas vouloir être injuste. C’était un homme au sens délicat de la rectitude de ses actions.

Deux de ses filles acceptèrent les propositions de mariage de familles nées en Louisiane. Le Bayou Teche chercha quelque chose d’exceptionnel pour l’occasion. Le riche fermier assis à son bureau réfléchissait en concevant son projet. Il choisit des araignées comme base des décorations. On raconte qu’il importa par cargo de Cathay des énormes créatures, capables de faire des choses fantastiques.

Peu de temps avant les cérémonies, on lâcha les araignées dans les grands arbres de la longue allée. Les araignées travaillèrent à garnir les espaces entre les arbres de toiles délicates. Tous s’émerveillaient. Pleuvra-t-il ou non dans l’intervalle. S’il venait à pleuvoir, tous leurs efforts seraient perdus.

Il ne plut pas. Un matin, le fermier convoqua ses esclaves. Il leur donna des soufflets et de la poudre d’argent et d’or. Au-dessus de la longue toile d’araignées, ils étendirent un canapé de poudre. En dessous d’autres posaient des tapis pour recouvrir toute la longueur de 5 kilomètres. Ils placèrent au bout de l’allée un autel en plein air. Entre les arbres des tables étaient couvertes de vivres. Le repas fut servi par un grand nombre d’esclaves, ceux de la maison, ceux des champs, tous en tablier blanc et bien entraînés. De la musique était jouée en plusieurs points stratégiques. La noce était ouverte à tous ceux, français comme américains, qui montaient ou descendaient le Bayou Teche.

Plusieurs milliers de personnes assistèrent et témoignèrent de ce mariage. Enfin un bateau à roue remontant le bayou vint chercher les deux couples pour les emmener en voyage de noces. La foule les accompagna en tirant des pétards.

Charles Durand avait fait son premier grand geste.

Dans les derniers mois de sa vie, il parla du trésor qu’il avait amassé et caché sous les chênes ou sous les pins, ou même ailleurs. Ses enfants le questionnèrent, mais il ne répondit jamais. Plus tard l’un d’eux creusa pendant des mois mais sans succès.

La plantation et le moulin à sucre tombèrent en ruine. Une grange et quelques maisons d’esclaves subsistent encore, seules restes de la grandeur des Durand.

 


   

2008 Voyage de JD

Notes de mon passage en Louisiane mi-octobre 2008

Jacques Durand

Ce voyage d’affaire fut une grande chance pour moi, car j’avais un week-end à passer entre des réunions à Dallas au Texas puis à Rochester dans l’Etat de New York.

De Dallas à Rochester, il était possible de faire escale à la Nouvelle Orléans.

Je suis donc arrivé sans encombre au Bed-and-Breakfast "La Maison Crochet", recommandé par notre Présidente, le vendredi vers 17h. Sally Crochet (dont j'allais découvrir qu'elle est née Pitre - sans doute descendante du pionnier acadien Jean Pitre) m'attendait sous le porche de son jardin. Son mari, Leland Crochet était à l'extérieur et est venu une bonne heure plus tard. Ils me demanderont très vite des nouvelles d’Isabelle Hoffmann, notre présidente, qui avait séjourné chez eux avec sa fille.

Le village de Houma est au milieu d'une plaine de marécages au sud de la Louisiane à près d’une heure de route depuis l’aéroport de New Orleans, dans la paroisse de Terrebonne. Il y aurait environ 30000 habitants. L'ouragan Gustav qui a dévasté Cuba est passé sur ce coin de Louisiane le 1er septembre 2008, le jour férié du "Labour Day". Houma était au centre de l’ouragan et donc le pire endroit où se trouver. Beaucoup de maisons ont été endommagées. Je vais en voir avec des toits recouverts de bâches bleues, avec des ouvertures de portes ou de fenêtres encore protégées par des planches épaisses (les propriétaires n'étant pas encore revenus sans doute), ou même encombrées de tas de débris divers. Il y avait une activité évidente et débordante de réparation.

Des gardes en uniforme de la "Homeland Security" patrouillent. Sept d'entre eux sont hébergés dans un bâtiment annexe de la maison Crochet. J'ai pu parler avec certains. Ils sont venus du nord des régions de Chicago et de Detroit, et doivent repartir le lendemain après 6 semaines de surveillance.

Le jardin des Crochet a été fortement endommagé par des chutes d'arbres. Leland me montrera des photos de son jardin avant et de son jardin après. De ce côté là c'est encore un peu le désordre ! Les vents violents de plus de 200 km/h ont cassé les grands arbres.

Il y a heureusement dans la zone de nombreux chênes centenaires épargnés. Mais certains ont vécu !

Contrairement à d’autres maisons voisines, le B&B des Crochet n’a pratiquement pas souffert. Un bout de gouttière…

Le choc passé, j'ai commencé à discuter avec Sally et Leland, et à parler de nos origines et de nos généalogies, de notre association et de l'histoire des acadiens. Sally parle très bien français, Leland le comprend mais ne le parle pas volontier.

On a échangé quelques documents. J’avais recontitué sur un tableur Excel l’essentiel de leur généalogie. Je leur ai remis une copie de mon travail. Nous nous sommes mis sur Internet, Leland et moi, et je l’ai guidé vers les sites Genforum et Geneanet qu’il ne connaissait pas. Les Crochet souhaitent garder le contact et peut-être nous aider.

Un couple de français en goguette s'est alors présenté pour passer la nuit.

Pour le dîner, les Crochet nous ont invité à aller dans une sorte de bar restaurant où se tenait une soirée dansante Cajun. On y a mangé un classique hamburger au poulet assaisonné de sauce forte cajun, et bu une bière de marque très connue aux USA.

L'ambiance était très particulière et familiale. Des valses et madisons cajuns ont été jouées par le groupe "Couche-couche". Il y a bien eu des paroles en français, mais je n'ai rien compris! Les tables ne sont pas attribuées. On se met là où on peut. Tout le monde aurait été prêt à m’accepter à sa table. On parle en mauvais anglais, seule une vieille femme bredouille quelques mots en patois. Houma n’est plus un centre de francophonie !

J'ai reçu un certificat très symbolique de "Cajun Honoraire" que je brandirai fièrement à une prochaine réunion. Je l’ai reçu d’un personnage haut en couleur nommé Allie Griphin, dit Gator… Allie Gator. Une photo de lui sur le mur face à moi, le montre en père Noël. Le couple de français est enchanté de l’ambiance.

Allie Griphin, dit Gator, me remet mon certificat de "Cajun Honoraire"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi matin, petit déjeuner dès 8 heures au B&B avec le couple français et les Crochet. Ensuite découverte de St Martinville.

La route 90 à quatre voies n’est pas toujours de grande qualité, mais après le franchissement du Bayou des Allemands, le paysage change et de forestier/marécages devient plaine agricole aux immenses champs de canne à sucre. C’est une période de moisson et de nombreux camions sillonnent les chemins voisins. Les sucrières fument… trop et sentent fort.

La route 31 vers St Martinville sous les chênes. Ce sont des chênes semblables, fracassés par l’ouragan Gustav,

que j’ai vu débités en rondins le long des routes près de Houma

La ville de St Martinville s’atteint après une bonne heure en sortant de la route 90 pour la route 14 vers la ville de New Iberia, fondée lors de la souveraineté espagnole. De New Iberia à St Martinville, la route 31, presque droite, passe sous une voûte magnifique de chênes logue de 2 à 3 km.

En entrant à St Martinville il est évident que les familles ont des racines françaises. Je trouve même une enseigne pour un assureur nommé Durand. Je ne savais pas qu’il y avait des Durand en Louisiane. A creuser…

Si vous êtes interressés par St Martinville, voici un site à consulter. Cliquez ici : http://www.cajuncountry.org/

Sur la droite de la place centrale où se dresse l’église catholique de St Martin-de-Tours, deux bâtiments blancs dressés le dos au Bayou Teche protégent le Mémorial de l’Acadie, et le Musée de l’Acadie et de la culture afro-américaine. La rue porte le nom de rue du Nouveau Marché.

 

Le Bayou Teche à St Marftinville

Après une courte observation du Bayou Teche encore brun de ses agitations de Gustav, et du chêne d’Evangéline, je me rends au Mémorial. Là une femme me dit bonjour en français et j’en fais de même. Une bande sonore raconte l’arrivée en Louisiane des acadiens ayant survécu au grand dérangement. Une fresque jumelle est présentée à Chantenay représentant les départ vers la Louisiane de ces même acadiens. Des spots éclairent les visages d’une grande fresque murale où sont représentés, les héros de l’épopée. Les visages sont ceux des descendants des personnages. Ils ont posé pour le peintre, et offert leur voix pour la narration off.

La fresque de St Martinville, peinte par Robert DAFFORD

Sur le mur opposé, la liste de tous les bateaux ayant transportés ces familles avec les noms organisés par famille.

Ayant expliqué que je représentais une nouvelle association, la gardienne me signale qu’il va y avoir une démonstration culinaire et que la Directrice du Mémorial ne devrait pas tarder à arriver.

Les ustensiles se préparent sous le kiosque du parc d’Evangéline. Des hommes et des femmes dont un groupe d’américains de l’Alabama en voyage découverte, arrivent petit à petit. La créole Joséphine et la cajun Marcelle préparent chacune leur version la recette du Gumbo. Hormis les gens de l’Alabama, tous pourront échanger avec moi en langue française. Un certain Arceneaux, âgé d’environ 65 ans, maîtrise très bien le français. La démonstration conduira à une dégustation. Chacun des deux gumbo est excellent. J’en redemande !

Je prends le temps de discuter avec Brenda Comeaux Trahan et de lui présenter notre association. Nous échangeons nos cartes et nos coordonnées. Le retour ne se fera pas sans roder dans la petite ville. Je reconnais le "Le Petit Paris Café", puis me rend au cimetière de l’autre côté du bayou par simple curiosité.

Joséphine, Brenda, et Marcelle

Je pensais trouver une quantité de nom en "eau". En fait je retrouve plusieurs grosses tombes au nom de Durand. J’en prends des photos pour analyser plus tard.

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux tombes de Durand parmi d’autres à St Martinville.

Le retour à Houma est plein d’images et de couleurs. Je suis heureux d’avoir parcouru ce petit territoire et trouvé des gens parlant naturellement notre langue, et encore si bien ! J’ai entendu des sons et des expressions de chez nous. J’ai en particulier entendu des "Asteur" en place de "Maintenant".

Le dimanche était le jour du départ. Après avoir réglé ma note et d’avoir promis de garder le contact avec les Crochet, j’avais plusieurs heures à perdre. Leland me remet un CD de musique "Mardi Gras" traditionnelle. Je décidai alors de faire quelques emplettes pour AVL.

Le Mall de Houma me permet de trouver deux autres CD de musique cajun. Je n’ai pas trouvé les titres qui m’avaient été conseillés par nos amis sablais. Un livre de 10 recettes et quelques brochures. Je file vers la ville proche de Thibodeaux.

Le séjour en Louisiane fut court. Il faut revenir !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue à Thibodaux et Clin d'oeil une la rue "française" à New Hiberia, la commune voisine de St Martinville

 

 


   

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