Dossier d'Artaguiette

L'orangerie des D'Artaguiette Diron

Par un soleil magnifique, il était bon aujourd'hui (avril 2015) de passer par la Mothe-Sainte-Héray.

Voici des photos de l'Orangerie.

L'orangerie était fermée à l'heure et à la date de mon passage. Elle était apparemment fermée pour travaux de restauration. J'ai aussi pu apprécié l'environnement, le calme de la Sèvre Niortaise et du bief d'un moulin à eau, la verdure de la vallée.

 

Les Pérusse des Cars

L'agriculture du Poitou au XVIIIe siècle :

Globalement ce sont les termes de stagnation et d’immobilisme qui caractérisent le mieux notre agriculture régionale. Point de "révolution agricole", en dépits de petits progrès : conquête de nouveaux marais dans la région de Rochefort, défrichements encouragés par les exemptions fiscales dans les brandes du Haut-Poitou, introduction de plantes fourragères un peu partout, à "la dérobée". Quelques grands seigneurs passionnés d’agronomie ont essayé de donner l’exemple, comme le marquis Voyer d’Argenson, sur sa terre des Ormes, ou le marquis de Pérusse des Cars, qui se lance dans une vaste tentative de colonisation agraire dans sa seigneurie de Monthoiron près de Châtellerault, en y installant les rapatriés acadiens.

Ce projet échoue pour l’essentiel, 28 familles seulement se fixant dans les fermes de la ligne acadienne de Monthoiron à La Puye.

Louis-Nicolas Pérusse des Cars

Il naît le 8/6/1724 à Paris à l'Hôtel de Cluny à l'Hôtel de Cluny dernier des 10 enfants. Il débute sa carrière militaire très tôt dans le régiment de Toulouse-Cavalerie. Il devient aide-major en Italie, et Chevalier de Malte en minorité. Il est colonel du régiment de Normandie-Infanterie en 1753. Blessé lors de la guerre de sept ans, il abandonne la carrière militaire. Il se marie en 1750 avec Jeanne-Victoire de la Hette d'Artaguiette. Il obtient une belle dot. Il va alors acheter de nombreuses propriétés et notamment le château de Monthoiron en 1753.

A partir de 1763, le marquis Louis Nicolas de Pérusse des Cars, déjà propriétaire du château de Monthoiron, entreprend la rénovation Château de Targé pour en faire une demeure d’agrément. Ce qui existe actuellement est le château qu’ont connu le marquis et sa femme. En 1793, à la vente des biens nationaux, le château est vendu mais « curieusement » la fille de monsieur de Pérusse des Cars en reste propriétaire.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Château de Targé de nos jours

Il tente après la guerre de 7 ans, une expérience d'installation sur ces terres de familles allemandes. Le gouvernement royal le sollicite pour l'installation des Acadiens dans la région. Il présente un projet en 1773: établir 2000 acadiens formant 200 familles pour un terrain de 17ha 40, avec une maison, une étable avec 2 bœufs, 2 vaches, une grange et une serre. C'est en septembre 1773 qu'arrivent les 497 acadiens de Saint-Malo, du Havre et de Cherbourg à Châtellerault. Ils participeront à la fin des constructions des maisons.

En 1774, de nouveaux acadiens arrivent par la voie navigable de la Vienne au départ de Nantes: 1472 individus s'installent au total dans la colonie. Le projet initial n'est pas respecté car seulement 58 maisons ont été construites. Mais les acadiens ne défrichent que très peu et veulent pour la majorité repartir.

En 1775, Pérusse des Cars sent l'échec de son établissement. I décède en Oct. 1795 à Paderborn, en Westphalie.

Finalement vers 1785, 1360 personnes vont quitter le châtelleraudais pour la Louisiane. (Martin, Ernest, 1936)

   

Généalogie d'Artaguiette

Voici l'arbre généalogique tel que reconstitué de la famille d'Artaguiette D'Iron, mis à jour en mai 2011 :

Famille d'Artaguiette et des Cars.pdf

   

Les D'Artaguiette Diron

Cet article présente la lignée des d'Artaguiette, originaires du pays basque profond, qui laissèrent leur nom lors du développement de la Louisiane Française.

Le village basque d'origine est Mendione (ou Mendionde) un peu à l’Est de Cambo-les-Bains, tout comme le village de Hélette (Jean Baptiste Diron d’Artaguiette était baron d’Aguerre d’Hélette).

Une jolie vue de la campagne basque de Mendionde au pied du Mont Baïgura.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Jean-Baptiste d’Iron D'ARTAGUIETTE, né en 1658 à Mendione, était le fils de Joannes D’Artaguiette d’Iron, écuyer à Mendione dans le pays Basque. Il fut lui-même écuyer et baron d’Aguerre d’Hélette. Il épousa en 1683 à Mendione Marie d’Harriet d’Iron dont il eut (au moins) cinq enfants.

Il acquiert en 1719 le domaine de La Mothe-Sainte-Héraye en Poitou, près de St Maixent.

 

 

 

 

 

Images de l'Orangerie de La Mothe-Sainte Héraye.


2. Jean-Baptiste Martin D'ARTAGUIETTE, connu sous le prénom de Martin, était le fils aîné de Jean-Baptiste d'Iron d'Artaguiette (dont l’auteur de ce texte à identifié cinq enfants). Au décès de son père il reçut le titre de Seigneur d’Iron et autres places.

2.1. Son implication en Louisiane

Avant le décès de Pierre Le Moyne d'Iberville qui survint à La Havane le 9 juillet 1706 à l’âge de 44 ans, le ministre français de la Marine, le célèbre Colbert, décida d’une enquête dans les affaires des frères Le Moyne, Pierre Le Moyne d'Iberville comme Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville.

Pierre Le Moyne d'Iberville, natif de Dieppe, était chevalier de l’Ordre de Saint Louis, et fut connu comme le fondateur de la Louisiane française. Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville fut Gouverneur de la Louisiane française.

A cette époque, il n’était nullement question de transférer le rôle de leader d'un frère Le Moyne à l'autre, de Iberville à Bienville. C’est pourquoi le poste d’enquêteur et de gouverneur colonial fut attribué en 1708 à Nicolas Doneaux de Muy, avec comme adjoint Martin d'Artaguiette qui était commissaire à la marine.

Martin vint en Louisiane avec ses frères Pierre d'Itouralde d'Artaguiette, et Bernard d'Iron qui n’avait alors pas quatorze ans, mais qui se destinait à servir les troupes coloniales et allait devenir inspecteur général, percepteur, et propriétaire.

Le propre séjour de Martin en Louisiane ne dura que de 1708 à 1712.

 

En 1719, la Compagnie Perpétuelle des Indes était constituée.

Martin était le seul du conseil d’administration de la compagnie à connaître du bout des doigts la Louisiane. Dans cette situation privilégiée, il put réitérer ses propositions pour l’exploitation du territoire, insistant sur le fait que la Louisiane n’avait pas besoin d’autant de trappeurs et de coureurs des bois, mais plutôt de fermiers dont il poussait au recrutement afin qu’ils défrichent et labourent son sol fertile, pour que la Louisiane se suffise à elle-même.

Il favorisa l’expédition vers les colonies de filles à marier et de femmes de sorte que les colons aient des femmes de leur origine plutôt qu’ils ne se mettent avec des indigènes. Il s’opposa avec force d’importer des pirates de Cartagène ou d’ailleurs vers les rives du Mississipi, arguant que le manque de discipline de ces pirates entraînerait la colonie déjà fragile dans le découragement.

Il plaida pour le commerce avec les Espagnols de Pensacola à l’Est, et vers le Mexique à l’Ouest. Il acheta et loua des navires sur des fonds privés, insistant sur la navigabilité du grand fleuve. Le plus important peut-être est qu’il plaida que les baux des terres ne soient pas seulement accordés aux nobles ou aux compagnies importantes, mais qu’ils soient aussi accordés aux partenaires de classe moyenne et petites entreprises ayant suffisamment de ressources pour stabiliser des familles souhaitant s’installer, et ainsi accroître la population du pays, et attirer les compétences qui lui manquaient tellement pour bâtir des maisons et cultiver des jardins. Enfin, Martin partagea ses convictions que la main d’oeuvre indienne docile devait être complétée par des nègres importés afin de fournir la main d’œuvre nécessaire aux lourds labeurs, sans qui une région primitive et sous-tropicale ne pourrait prospérer.

En tant que membre du conseil d’administration de la Compagnie de l’Ouest, Martin avait Presque autant d’influence que John Law ou Antoine Crozat. En outre ses fonctions d’économe, il était à la tête du bureau de la Compagnie des Indes chargé de l’administration exclusive de la Louisiane.

En plus de sa connaissance de la région il recevait régulièrement des courriers et rapports de ses deux frères.

Bernard d’Iron, ou Diron, est considéré comme le premier Européen à s’être installé sur le site de l’actuelle Baton-Rouge (pendant quelques temps le site de la capitale était connu sous le nom de Dironbourg que lui avaient donné les français). Pierre faisait partie d’une organisation qui avait avant même 1720 envoyé au moins quarante colons vers la vallée du Mississipi, y compris des artisans et des experts en tissage de la fibre obtenue des vers à soie.

Martin avait plusieurs partenaires pour ses investissements. On compte le Comte d’Artagnan (un cousin du célèbre mousquetaire), Joseph de Montesquieu qui tous deux acquirent vers 1720 en copropriété les Cannes-Brulées, Kenner aujourd’hui, le site de l’aéroport Louis Amstrong de la Nouvelle Orléans. L’indigo et le tabac étaient aux

 

débuts de la concession les productions privilégiées. En 1731 on y dénombrait 58 noirs africains des deux sexes.

Martin décéda à Cap Français, Saint Domingue.


3. Bernard DIRON D'ARTAGUIETTE, était le fils de Jean-Baptiste d'Iron d'Artaguiette. Né vers 1695 à Bayonne, il accompagna son frère aîné Jean-Baptiste Martin en Louisiane. Il fut nommé en 1721 par Philippe d’Orléans, régent de France, Inspecteur Général pour la Louisiane française. Puis en 1732 il est nommé Lieutenant du Roi en la ville de Mobile.

Il meurt en 1742 à Haïti.

 

Peinture de la baie de Cap-Français

 

 

 

4. Pierre D'ARTAGUIETTE d’Itouralde, était fils de Jean-Baptiste d'Iron d'Artaguiette, connu sous le nom de Pierre d'Artaguiette d'Itouralde. Il fut un officier de l'armée française à l'époque de la Louisiane française. Il participa à la guerre contre les Amérindiens des nations Natchez et Chickasaw.

En 1720, le peintre Alexis Grimou (1678-1733) fait le portrait du Marquis d’Artaguiette, châtelain de la Mothe-Sainte-Héraye, un marquisat situé en Poitou sur les rives de la Sèvres-Niortaise. Ce marquis est peint à table soulevant de la main droite un flacon de vin fin qu’il regarde amoureusement. Habit marron avec jabot, sur le table un morceau de jambon. Ce portrait que possédait les comtes de Corvoisin et qui ornait autrefois la chambre de Madame au château de la Mothe-Sainte-Héraye, est conservé de nos jours au Musée de Niort.

Il participa sous les ordres du cinquième gouverneur de la Louisiane française, Étienne Périer, à la reconstruction du Fort Rosalie (aujourd’hui connu comme étant la ville de natchez) qui avait subi certaines destructions après la guerre contre les Natchez.

En 1734, le gouverneur de la Louisiane française, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, le nomma au grade de major pour le commandement du Pays des Illinois en poste au Fort de Chartres.

Il participa à la Bataille d'Ackia qui eut lieu le 26 mai 1736, près de la ville actuelle de Tupelo dans l'État du Mississippi. Cette bataille faisait partie d'une lutte pour le contrôle du fleuve Mississippi entre les Français et les Amérindiens Chickasaw. Malgré le renfort des Choctaws, les Français furent battus par les Chickasaw soutenus par les Anglais. Il perdit la vie lors de cette bataille.

   

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